publiée le 30 janvier 2012 par DANIELLE GOUREVITCH ET PIERRE BARON

Hautefort doit sa gloire au marquis Jacques François de Hautefort (1610-1680), conseiller du roi Louis XIII, brillant soldat, industriel avisé, mais dont l’avarice alléguée aurait fait le modèle du personnage d’Harpagon, dans L’Avare (1668). Ce noble et généreux seigneur, célibataire et pieux, ne dépensait guère à la Cour en effet, mais c’était pour dépenser plus dans son Périgord, pour son château et ses jardins, sur un plateau élevé et en bas, « pour son hôpital des pauvres afin de leur procurer le salut, en les faisant instruire des choses de la religion catholique et apostolique romaine, et en leur faisant apprendre quelques métiers », selon l’acte de fondation du 4 février 1669. Le plan est analogue à celui de la Salpêtrière, avec quatre ailes donnant sur la chapelle circulaire centrale,

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Fig. 1 : Le château de Hautefort (avec l’autorisation du Syndicat d’initiatives)

visible à tous les étages par des ouvertures en treillis, pourvues de volets, dites claustra. Le bâtiment connut bien des vicissitudes, avant d’être classé monument historique en 1937 et d’abriter en 1994 un musée de la médecine. L’hôpital recevait 33 indigents, autant que les années que vécut le Christ, onze hommes, onze femmes, onze enfants, dans des lits individuels à rideaux et baldaquin et offrait un tour d’abandon, encore visible. Le musée ne cesse de s’enrichir et reçoit chaque année une exposition qui complète les collections permanentes. En 2010, elle était consacrée à l’histoire de l’art dentaire au XIXème siècle, grâce en grande partie aux collections du Dr Gérard Braye, collectionneur averti et généreux, ici un magnifique coffret.

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Fig. 2 : coffret dentaire de 1850 (cliché Dr Braye)

C’est à la haute protection de Platon, dans l’aile sud à l’étage, qu’on a confié l’art dentaire : histoire moderne de la prothèse dentaire, avec un atelier de fabrication de dents et de couronnes. Évolution du cabinet dentaire de la fin du XIXe siècle à 1970, avec diverses reconstitutions de cabinets anciens. Une première installation montre un beau meuble de rangement en acajou de la fin XIXe siècle accompagné d’un côté un fauteuil type Chevalier du milieu du XIXe siècle.

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Fig. 3: cabinet dentaire (cliché Dr Braye)

Ensuite à côté d’un magnifique meuble de rangement avec un dessus sculpté, se trouve tout l’équipement d’un cabinet fin XIXe / début XXe siècle : un fauteuil à bascule, un tour à pédale type Morrisson, un des premiers appareils de radiographie dentaire, évidemment sans aucune protection contre le rayonnement X, une tablette murale et un éclairage.

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Fig. 4 : cabinet dentaire (cliché Dr Braye)

D’autres installations viennent compléter cet aperçu historique : 1920, avec une un tour électrique, 1940, et cette fois la lampe à rayons est protégée, et enfin 1970 qui montre de très grands pas vers l’automatisation. On ne manquera pas le jardin des simples.

Pour la commission d’histoire,Danielle Gourevitch et Pierre Baron
Membres de l’Académie, membres de la Commission d’histoire

Dernière mise-à-jour: 13/02/2017